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1. L’origine du néologisme « État de droit »
L’expression « État de droit » trouve ses racines en Europe à la fin du XVIIIe siècle. Ce concept a émergé sous la plume de Johann Wilhelm Placidus avec le terme allemand « Rechtsstaat » qui stipule que l’autorité de l’État doit être exercée dans le cadre des lois en vigueur, assurant les droits des citoyens et limitant les pouvoirs de l’État lui-même. La notion a rapidement gagné du terrain à travers l’Europe, se traduisant littéralement dans de nombreuses langues européennes.
2. Un terme inexistant en Chine
En revanche, en Chine, le terme « État de droit » n’a pas d’équivalent direct. L’expression « fa de guojia », qui serait la traduction littérale pour État de droit ou Rechsstaat, n’existe pas pour l’instant. La juriste Christine Chaigne explique que les deux expressions chinoises généralement utilisées dans les traduction (yi fa zhi guo et fazhi (guojia)) ne traduisent pas le sens profond de notre expression européenne « État de droit ». Ces expressions suggèrent plutôt une gouvernance où le droit est utilisé comme un outil par l’État, mais sans nécessairement incorporer les principes fondamentaux de primauté du droit comme c’est le cas en Occident.
Conclusion
Ce décalage illustre la différence dans l’application et la perception de la loi entre les systèmes juridiques occidentaux et chinois, où le Parti communiste maintient une suprématie claire sur l’ensemble de l’architecture étatique.
Pour aller plus loin
CHAIGNE Christine, « Chine et État de droit », Les Cahiers Portalis, 2018/1 (N° 5), p. 111-118. DOI : 10.3917/capo.005.0111. URL : https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-portalis-2018-1-page-111.htm
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