De nombreux lycéens, ainsi que leurs parents, se demandent comment leurs dossiers sont étudiés dans Parcoursup afin de mettre toutes les chances de leurs côtés. Afin de répondre à cette question, les journalistes Séverin Graveleau, Soazig Le Nevé et Eric Nunès ont mené l’enquête pour le journal Le Monde. Voici les résultats de leurs recherches :

  • Les notes sont le principal élément d’évaluation. Toutes les notes, en classe de Première et de Terminale, ainsi que celles des épreuves de spécialité, sont prises en compte. Chaque établissement adopte néanmoins un coefficient différent qui n’est pas rendu publique et opère parfois des choix qui ne semblent pas toujours évidents pour paramétrer son algorithme. Ainsi, Bruno Fiorio, vice-président adjoint chargé du 1er cycle à l’université CY Cergy Paris, affirme que « le marqueur important, ce sont les mathématiques » pour intégrer…. une licence de droit !
  • Le taux de boursiers est également un facteur pris en compte pour de nombreux établissements et formations. Mais là encore, les données ne sont pas publiques. Concrètement, une première liste est constituée sans tenir compte du statut des candidats. Parallèlement, une sous-liste des boursiers est établie. Si le quota de boursiers n’est pas atteint dès la constitution de la première liste, les candidats boursiers sur liste d’attente sont intégrés parmi celle des reçus, jusqu’à atteindre le quota prévu.
  • Le classement de chaque élève dans sa classe est également un paramètre très utilisé par de nombreuses formations. Ainsi, être premier de la classe avec une moyenne de 15 est un facteur plus avantageux qu’une moyenne de 18 dans une classe où la moyenne générale est à 18,15.
  • Le type de bac constitue une autre variable d’ajustement pour la prise en compte des notes. Ainsi, selon Abdeslam Mamoune, vice-président chargé de la formation à l’université de Bretagne occidentale, « on peut estimer qu’une moyenne de 15 en mathématiques en bac professionnel vaut un 10 dans un bac général ».
  • Le lycée d’origine peut également être inclus dans les paramétrages pour amender les variations de notation des établissements.
  • L’origine géographique est également prise en compte. Plusieurs témoignages confirment que la plupart des rectorats demandent à privilégier les lycéens de l’académie.
  • Pour les classes préparatoires, d’autres critères sont utilisés et ils sont d’autant plus nombreux que le recrutement est sélectif : positionnement de l’élève dans sa classe, appréciations de ses enseignants, participation à des concours, activités personnelles de l’élève, etc.
  • Pour Sciences Po, les dossiers sont étudiés par deux examinateurs sans recourir à un algorithme de présélection. Ces derniers regardent non seulement les résultats du candidat (de Première et de Terminale, toutes ayant le même coefficient 1), mais aussi son profil au regard de son lycée d’origine (situation géographique, taux de réussite au bac, taux de mentions, etc.). Enfin, les trois écrits de réflexion et de motivation sont vérifiés par des logiciels de lutte contre le plagiat.
  • Enfin, des centaines de dossiers sont traités « à la main par des commissions internes » afin d’étudier plus particulièrement les dossiers des candidats souffrant d’un handicap ou d’une maladie, issus de lycées participant aux « cordées de la réussite », ou bien provenant d’un département ou d’une région d’outre-mer, ou encore les candidats sportifs de haut niveau et artistes confirmés.

Source : Séverin Graveleau, Soazig Le Nevé et Eric Nunès, « Parcoursup : enquête dans les coulisses des commissions d’examen des vœux« , Le Monde, 23 mai 2023.