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Régulièrement, une énigme vous est proposée pour approfondir un aspect de votre programme à partir d’une image. Le premier qui trouve la réponse remporte un point bonus.

Cette semaine, nous essayons de découvrir pourquoi cette jeune fille (ou plutôt son papa) vient probablement de briser sa carrière… 

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Bravo à Elisa et Noémie pour cette réussite collective !

Cette jeune fille s’appelle Alexis Popick et elle fait partie du groupe USA Freedom Kids qui a introduit un meeting de Donald Trump, le candidat favori à l’investiture républicaine pour la présidence des Etats-Unis le mercredi 13 janvier 2016.

Forcément, cette représentation a été retransmise en direct par une chaîne de la très conservative Fox News :

Les paroles de la chanson ont été écrites par le père de la petite Alexis, Jeff Popick, qui est un fervent défenseur de Donald Trump, mais aussi le manager des USA Freedom Kids. Concrètement, il s’agit d’un de ces parents qui traînent leurs enfants de plateaux en plateaux et villes en villes pour essayer d’en faire des « enfants-stars » à l’image de ce qu’ont pu être un jour Britney Spears ou Miley Cyrus.

Si la plupart des médias américains se sont offusqués de la nature des paroles de cette chanson très patriotique et politique dans la bouche de jeunes filles innocentes et donc instrumentalisées, plus rares sont ceux à s’être souvenus que la mélodie est tout aussi lourde de sens.

Il s’agit en effet d’une reprise de l’une des chansons patriotiques les plus populaires écrite par George Cohan le matin du 6 avril 1917 lors de l’annonce de l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale.

Les paroles de cette chanson sont une invitation à envoyer tous les jeunes hommes à la guerre et constitue une référence dans l’utilisation de la musique comme outil de propagande de guerre. Son auteur a d’ailleurs reçu quelques années plus tard une médaille honorifique du Congrès américain pour sa contribution à l’effort de guerre.

Symbole du militarisme américain du début de XXe siècle, cette chanson est aussi devenue le symbole des anti-militaristes qui ont détourné les premières paroles pour introduire un discours contestataire. C’est notamment le cas de Dalton Trumbo qui a écrit quelques années plus tard son célèbre Johnny Got his Gun (devenu ensuite un film) visant à montrer les conséquences de cet appel à la guerre pour des milliers d’hommes : la mort et d’immenses séquelles physiques :

C’est d’ailleurs l’ensemble de cette œuvre qui a inspiré l’une des plus belles chansons de Metallica, One, dont les paroles racontent l’introspection de Johnny et dont le clip utilise des extraits du film de Dalton Trumbo :

Au final, non seulement ces jeunes filles ont été instrumentalisées par leurs parents à des fins politiques, mais en plus elle découvriront peut-être un jour (notamment si elles finissent par s’exiler en France et viennent faire leurs études au lycée Anna Judic) que leur père les a fait chanter sur un hymne à la guerre qui a encouragé la première grande guerre totale et conduit plus de 10 millions de personnes à la mort.

CONNAISSANCES A RETENIR

  • Les États-Unis entrent officiellement dans la Première Guerre mondiale le 6 avril 1917 après être longtemps restés dans une posture isolationniste.

  • Ils prennent cette décision après le torpillage de cargos américains au début de l’année 1917 après que l’Allemagne ait décidé d’entamer une « guerre sous-marine à outrance » qui étendait les attaques aux navires neutres commerçant avec l’Entente.

  • Quelques références culturelles pour briller dans vos copies : George COHAN, Dalton TRUMBO et Mettalica.

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